Petite escale Chilienne

20/05/2022

Bueno ! Nous revoilà parti pour un périple. Et quand je dis périple, on va pas se mentir c'était parfois le cas. Nous partons un mercredi matin en direction de Chili, pour aller découvrir les villes de Santiago de Chile, Valparaiso et de Viña del Mar. Le mercredi est férié ici, un jour férié de plus dont même les argentins se demandent pourquoi. Rien de mieux pour nous pour faire sauter une seule matière et pouvoir profiter du voyage. Nous reviendrons le lundi dans la journée.

Sur le papier, rien de très impressionnant. 400km, un peu plus de 5h de route, 5 jours en tout de voyage : nous préparons notre voyage assez tranquillement. Par la suite, nous nous rendrons compte que nous aurions peut-être dû être un peu plus préventifs...

Préparations du Voyage

Et oui, même s'il y a relativement peu de kilomètres, nous passons une frontière. La frontière de la fameuse Ruta 7 en plein cœur de la cordillère des Andes. Qui dit frontière dit VISA dit normalités Covid. Enfin c'est ce que nous nous avons précisé lorsque nous réservons notre billet de bus. Inutile de vous préciser qu'il nous a été impossible de trouver une voiture de location depuis Mendoza, passage de frontière ou Covid nous diront les agences, sûrement la tête et l'âge des clients.... Nous devons donc nous munir de « pass vaccinal » reconnu par le Chili. Il nous faut nous inscrire sur un site chilien et y insérer 2 QR codes pour 2 doses reçues pour ce fichu Covid. Or ! Nous n'avions pas tous 2 QR codes de vaccination. Et oui, pour ceux ayant reçu seulement 2 doses n'ont pas 2 QR codes car, à la première, personne n'avait de Qr code. Et donc notre cher Pierre a été fortement contrarié. Après avoir été refusé plus de 4 fois sur le site celui-ci se voyait déjà resté seul 5 jours. 1 jours avant le départ, celui-ci se retrouve à la compagnie de bus pour se faire rembourser. En expliquant son problème, la compagnie lui indique que finalement, changement de dernière minute, ce papier de vaccin n'est plus demandé. Soulagement ou panique... à vous de nous imaginer à la frontière si un des 5 doit y rester.

De quoi pimenter un peu notre pré-voyage...


Jour de voyage aller

Départ à 9h de Mendoza nous voilà levé tôt (énormément plus tôt que notre moyenne) pour se retrouver au terminal de bus. Premier contrôle des papiers pour monter dans le bus : passeport, sécurité Covid, papier Covid. Tout va bien nous pouvons monter. Dans la queue de bus, Hugo se fera alpaguer par un « Hé! T'es de sainté toi ? ». Une fois de plus un français, qui fait le tour de monde, comme nous presque !

Le bus est sur 2 étages, les sièges sont larges, conforts et s'inclinent à la quasi horizontale, impec ! Au départ le bus est à peine à moitié plein. Oui car, à la frontière, au milieu des montagnes, nous récupérons d'autres voyageurs, arrivés d'où ? On se sait pas. Sûrement des migrants encore...

Parlons-en de cette frontière... On peut en parler des HEURES au vu du temps passé. Le premier arrêt est à la sortie de l'Argentine pour un petit contrôle de passeport. Nous descendons du bus, flippons un peu car nous sommes vraiment au milieu de rien, complètement isolés au cœur des Andes. Cela nous prendra une grosse heure ! Un sandwich et ça repart ! Pour une demi-heure. Un tunnel, un message de free « Free ne vous accompagne pas au Chili, on vous laisse tomber, débrouiller vous avec vos données », et hop nous voilà au Chili. L'arrêt est obligatoire pour l'entrée sur le territoire Chilien. Et là... mais là... nous restons 1h30 dans le bus, à l'arrêt, à l'entrée d'un immense hangar. C'est long, on est plein soleil, rien ne bouge, et surtout on ne sait pas ce qu'on attend... Nous redémarrons et nous nous arrêtons dans le hangar pour rentrer une grande salle où nous présentons une fois de plus nos papiers. Gros coup de frayeur pour Hugo qui se voyait rentrer au plat pays quand ils lui ont demandé se présenter son assurance covid (qui n'est pas écrite sur ces papiers). Par dessus tout, on nous a demandé de faire pour 4 d'entre nous, un test PCR aléatoire ! Seulement Thomas y échappera. Un coton dans chaque narine, une n-ième queue et nous repartons plus de 2h30 plus tard... La route est encore assez longue, les épingles sont nombreuses. Nous arrivons a destination dans la nuit noire de Santiago. Il est 19h30, à peine plus tard que les 16h annoncé du billet. Le voyage aura été long et périlleux mais nous arrivons sains et saufs avec toutes nos affaires et c'est ce qui compte. 

Nous arrivons dans un pays sans aucune connexion à internet, sans aucun pesos chilien, autrement dit à poil ! Heureusement que notre espagnol est extrêmement bon ! Nous achetons une carte SIM avec nos cartes bleue qui passent partout dans le monde. Nous retirons difficilement de l'argent, un petit tour de métro et nous retrouvons notre Airbnb, au 15ième étage d'une des multiples tour de Santiago. 


Visite de la capitale Chilienne

Notre nuit au 15ième étage s'est bien passé, il faut dire que l'appartement est très confort pour les 2 nuits. Pour deux d'entre nous, nous sommes quand même réveillé par le soleil assez tôt. En effet, à peine 6h30 qu'il fait déjà tout à fait clair à Santiago et à 18h c'est la nuit noire, l'horaire et les -6h de la France sont difficilement compréhensibles. Nous sortons à 10h, nous faisons un trait sur le petit déjeuner et nous partons dans les rues de Santiago de Chile. Nous sommes obligés de remercier Victor, frère d'Antoine, qui, lui, a fait son semestre académique ici même et qui nous a transféré les coins sympas à voir.

Aux premiers abords, cette ville nous parait assez voire très active. Des commerçants, ou on pourrait dire des brocanteurs, nous harcèlent sur toutes les rues. Chaussettes, bonnets, porte-clefs, coques de téléphone, survêtements et même des manucures. Toutes les rues piétonnes sont remplies de petits vendeurs de tout genre. Parfois, à des carrefours, des musiciens accompagnent notre marche au coeur de la capitale. Nous passons de places en places, de bâtiments historiques à maisons colorées. Nous passerons entre autre par la fameuse Plaza de Armas entourée de la Cathédrale Métropolitaine et du Correo, par la bibliothèque Nationale, le théâtre, le congrès national, la chambre des députés, le palais de justice ou encore la place du palais de la Monnaie (à retrouver la traduction dans la série de photos suivante).

Palacio de los Tribunales de Justicia de Santiago
Congreso Nacional de Chile
Plaza de Armas
Palacio de la Moneda alias la Casa de papel
Catedral Metropolitana

Nous finirons notre matinée par le grand Mercado central. Ce marché couvert nous a plongé au coeur de l'océan Pacifique avec des dizaines de stand de poissons et de toutes sortes de crustacés. La partie vente de poissons ou légumes est assez intense, nous nous faisons aborder par l'ensemble, et je dis bien l'ensemble des vendeurs. Il n'y a pas une exception. « D'où venez vous ? De France ! Oh j'adore ce pays, quel fabuleux pays, j'aime les français. Achetez mon poisson ! ». On nous arrête, nous attrape, nous complimente sans arrêt. Une autre partie du marché est composée de restaurants dans lesquels nous voulions absolument nous y arrêter. L'heureux gagnant se nomme Manuel, un péruvien qui nous a laissé entre les mains une carte avec une « Mixtura » de fruits de mer. Comment ne pas tomber sous le charme. Après nous avoir envahit de compliments sur notre pays et nous raconter qu'il était le meilleur, nous nous installons et apprécions cette assiette mêlant poissons et crustacés.

Spécialité chilienne

L'après-midi, nous faisons un tour par la gare et nous montons au sommet d'une petite bute au coeur de la ville, aux abords du charmant quartier Lastarria : El Cerro Santa Lucia. De là, nous prendrons nos premières photos du haut de la ville, malheureusement gâchées par la large épaisseur de pollution. Le parc est très sympa, la montée agréable et nous ne sommes pas dérangés par le monde.

Fuente Neptuno

Mais ces photos ne font pas le poids face à ce qui nous attend en fin d'après-midi. La veille, nous aurions dû monter à la tour Sky Costanera. Bloqués à la frontière par ces bêtises de virus, nous avions dû renoncer à notre excursion du soir et notre réservation. Par chance, la jolie fille de l'accueil, tombée sous notre charme nous autorisera à grimper. Une quinzaine de secondes pour monter au sommet de la plus haute tour d'Amérique du Sud et là, le spectacle est au rendez-vous. Une vue sur Santiago à 360°, nous découvrons l'ensemble des quartiers : quartiers des affaires, résidentiels, développés ou, au contraire, très pauvres. Nous nous rendons compte de l'étendue de la ville qui semble infinie. Celle-ci est complètement entourée de montagnes. Malheureusement, la pollution stoppe et gâche un peu notre vision sur ces montagnes. Le couché de soleil est impressionnant, les photos sont obligatoires ! Nous avons la bonne idée de rester pour le début de la nuit pour voir l'illumination de l'ensemble de la ville. Les immeubles, les rues, les maisons, tout s'éclaire en quelques minutes. Les voitures et toute la circulation font vivre cette ville de jour comme de nuit. Nous redescendons avec de milliards de photos, de films et pleins de souvenirs en tête. Nous ne sommes pas déçus.

Nous repartons tranquillement en passant par le métro, pour rentrer aux alentours de 19h30. Une bonne journée, bien exploitée, bien remplie et sans aucun souci !


Journée galère

En effet, ce n'est pas la même histoire le lendemain. Sorti vers 10h30 à l'intérieur de 2 Uber nous emmenant tout à l'ouest de la ville en direction del Templo Baha'i. Ce temple, particulier par son architecture, se situe sur les hauteurs de la ville, au départ de la cordillère des Andes. Après plus de 45min de voyage et quelques pesos chilien dépensés, nous apprenons qu'il est impossible de rentrer. Nous sommes extrêmement déçus et surtout dans l'incompréhension de la fermeture non indiquée sur internet entre 11h30 et 13h... Au bord de nos 2 Uber, bloqués devant une barrière, nous décidons de nous diriger vers notre deuxième étape de la journée : le téléphérique permettant de monter au San Cristobal. Cette fameuse bute au coeur de la ville est dominée par une immense statue de la Vierge, visible depuis n'importe quel lieu de la ville.

« Pouvez-vous prendre la direction du départ du téléphérique San Cristóbal, por favor ?. Si claro ». Et nous voilà enchaîner 45 min de plus de taxi dans une ville, on peut le dire stressée du slip ! Dépassements, passages aux feux rouges, freinages intenses, prises de tête avec des laveurs de vitre ou d'autres chauffards... rien de plus intense. Mais, un instinct me dit que nous n'allons pas au même endroit, nous voyons avec l'autre Uber et nous nous rendons compte que nous sommes à des kilomètres d'écarts. « On est arrivés ! », « Et bien... nous aussi mais on ne se voit pas ». Le foutu chauffeur de Mustafa et Antoine les avait posés non au téléphérique mais au funiculaire du San Cristobal... histoire de nous compliquer un peu plus la tâche. Après des discussions intenses entre qui retrouve qui, qui monte où et surtout « Il est presque 14h comment on mange ? », nous finissons par faire confiance à une veille peinture indiquant que le téléphérique et le funiculaire montent au même endroit (et que nous mangerons en haut).

Et non ! Trop simple ! « Le funiculaire est en cours d'entretient et celui-ci est fermé. MAIS ! On peut vous proposer un bus panoramique ». Antoine et Mustafa s'installent dans le bus sans aucune grand conviction quant au circuit de celui-ci. Notre montée au Cerro San Cristóbal est très agréable et moins directe que celle du téléphérique mais nous nous retrouvons finalement au bout d'une aventure que nous aurions bien voulu éviter... Trop d'argent et de connexion internet ont été dépensés pour ces galères mais nous nous retrouvons tous et cela reste le plus important. Premiers problèmes du voyage, il fallait que ça arrive pour nous montrer que, peu importe les circonstances, on arrive toujours à se retrouver.

La vue est splendide, le soleil a percé et la Vierge est vraiment impressionnante. Nous prenons nos n-ième photos de la ville, vue de haut. Notre seul moment tranquille de la journée... (oui c'est pas fini). Nous observons une dernière fois cette capitale entourée de montagnes et redescendons dans la ville avec le téléphérique. Après un restaurant spécialités chiliennes et une bonne chute de Thomas dans un parcours santé qui nous fera bien marrer, nous décidons de prendre un dessert dans l'immense Mall de la Sky Costanera.

Vierge Marie
Vierge Mustafa

Ces crêpes et gaufres nous retarderons un peu sur notre programme. Ligne L1 de métro bondée, nous rentrerons heureusement entier jusqu'à l'appartement pour récupérer nos valises. L'heure de pointe nous a complètement changé notre programme. Le métro était plein à l'ouverture des portes. Heureusement que notre demi de mêlée Mustafa à fait son travail pour notre entrée dans la rame. Les 6 arrêts sont d'un sport à chaque fois. On est collés, bousculés à chaque sortie ou entrée. Il fait chaud, on bouge dans tous les sens, du jamais vu pour ceux qui viennent des campagnes. Cela nous fait comprendre que prendre le métro pour aller jusqu'à la station de bus n'est peut-être pas une bonne idée. Nous décidons de donc de prendre un Uber. 

Par chance, nous tombons sur l'homme qui n'a peur de rien, peur de personne et qui pourrait conduire contre vents et marées. Celui-ci devait récupérer seulement 2 d'entres nous pour 10000 pesos mais il nous a proposé de nous prendre à 5 pour 20000 pesos. Après une courte argumentation avec Mustafa qui devait se défendre nous grimpons à 4 à l'arrière. Son principal argument, très convainquant, est lorsqu'il nous explique que la ville est complètement bouchée pour causes de manifestations aux centres et qu'il nous sera impossible de trouver un autre Uber. Nous sommes à 40min du départ de notre bus, autrement dit carrément en retard, nous n'avons pas le temps de réfléchir. Les forces de l'ordre chilienne ont donc complètement bloqué la rue principale qui nous permet de sortir du centre ville. Ce qui n'est absolument pas un problème pour notre cher pilote de formule 1, qui tel un Charles Leclerc, nous a promis un grand prix de folie. Freinage d'urgence, demi-tour et prise d'un sens unique en contre-sens, nous voilà vite retrouvé sur la route soi-disante fermée ! Et là... en plus d'être au bord d'une formule 1, le circuit est complètement vide. La grande rue 3 voies des 2 sens n'est que pour nous. Magique ! Complètement impensable ! Nous nous sentons libre comme l'air, serrés à 4 à l'arrière priant pour arriver à l'heure à notre bus. 

Finalement après quelques feux rouges oubliés et voies de bus chevauchées, nous arrivons dans les temps pour monter à bord de notre bus pour Valparaiso. Cet homme est grand, il repartira comme une légende, merci à lui. Ce miracle, venu d'on ne sait où nous aura sauvé. 

Nous quittons Santiago des Chile aux alentours de 20h après être passés plus de 2 jours. Cette dernière journée n'aura pas été de tout repos et nous espérons que, malgré le stress et les manifestations de la capitale, le Chili pourra nous faire un peu plus rêver ces prochains jours. Oui, c'est épuisant, stressant et , on peut se le dire, un peu flippant. Santiago restera quand même une belle étape dans notre voyage, rempli d'émotions et d'aventures.


Valparaiso : berceau du street art

Après 1h30 de bus assez tranquille et 10min de taxi à 800 km/h dans les rues, nous débarquons dans notre petite auberge de jeunesse de Valparaiso. Celle-ci est très sympathique, avec une terrasse sur son toit assez impressionnante. Nous prenons déjà nos premiers photos de nuits, ça annonce la couleur... 

Jour
Nuit

Notre logement est confortable, nous dormons tous dans la même chambre, nous nous réveillons et nous déjeunons dans celui-ci. Nous croisons déjà, très tôt, nos premiers français lors du petit déjeuner. C'est lors de ces premières heures que nous planifions notre journée. Notre logement est parfaitement situé au coeur du quartier mondialement connu pour ces graffitis. Dès nos premiers mètres dans les rues de Valpa, nous sommes convaincus par le spectacle. Chaque maison est soit colorée, soit recouverte de dessins. Chaque rue est attractive, chaque recoin attire. Peu importe la rue que nous empruntons, nous sommes incroyablement surpris par la grandeur et la qualité des peintures. 

Les rues sont étroites et la pente est régulièrement sévère. Cela nous fait prendre de multiples escaliers, qui sont bien sûr décorés marche après marche. L'escalier piano reste quand même au-dessus de ceux colorés ou en mosaïque. Nous allons jusqu'à monter dans les fameux ascenseurs de Valparaiso, il doit y en avoir une petite dizaine. Pour seulement 100 pesos par personne, nous pouvons monter et descendre dans la ville à travers ces ascenseurs à crémaillère, qui ne sont probablement pas de toute dernière génération.

Au cours de notre descente vers le port depuis notre logement, nous sommes attirés par un regroupement de population au loin, au coeur de la ville, non loin du quartier artistiques. Bien sûr, courageux que nous sommes, nous nous dépêchons de rejoindre ce cortège. Nous ne serions même pas surpris si ces bons chiliens nous avaient organisés une petite manifestation pour montrer leur mécontentement. Puis à l'approche, les gens ne crient pas, pas de panneaux, ils attendent juste l'arrivée de quelques choses, de quelqu'un. 

Impossible d'accéder à la grande place centrale, la Plaza Sotomayor, aux vues de milliards de barrières et des agents de sécurité. Nous pouvons quand même observer ce qu'il se passe, c'est un grand rassemblement de tous les Marines du Chili. En ce 21 mai, nous nous retrouvons à Valparaiso en plein coeur du "Marines Day". C'est un immense rassemblement de l'ensemble des filles qui ont un prénom de racine Marine. Nan, c'est faux. En vérité, c'est un immense rassemblement de l'ensemble de l'armée navale du Chili, avec des centaines d'hommes et de femmes. Après être resté 2h au soleil, tout ce beau monde a défilé dans la ville. La musique de la fanfare a résonné sans arrêt dans la ville toute la matinée. Un beau spectacle que nous ne venions pas forcément voir, mais qui n'était pas piqué des hannetons. 


Après un bon burger et une deuxième balade dans la ville l'après midi, nous restions quand même connecté à l'importantissime match du club le plus titré de France (pour le moment). Même si nous apprécions forcément le lieu et que nous ne sommes pas lassé de passer de graffitis en graffitis, chaque notification pourrait être source d'AVC. Surtout après la première mi-temps qui n'aide pas. Fatigués et malheureusement proches de l'hôtel, nous décidons d'aider nos verts et de participer au match. Nous nous réunissons sur le toit de l'hôtel pour les encourager. Sous un très beau temps, au calme au-dessus de la ville, le stress est énorme. Mais notre légendaire Romain Hamouma fera trembler le toit de toute la ville. La libération est immense, notre soirée ne pourra être que bonne. L'hôte nous dira avant de partir qu'il a compris que St-Étienne avait marqué et que lui aussi avait le score sous les yeux au moment du but. Celui-ci avait vu nos habits et deviné notre équipe de coeur. Nous quittons donc Valparaiso sous un air de victoire au moment du coucher du soleil. La journée s'est très bien passé, nous en avons pris plein la vue, mais ce n'est absolument rien face à ce que nous allons vivre le lendemain. 


***


Marre de Viña, on décale à Concón

Nous prendrons un Uber pour arriver jusqu'à Viña del Mar, le soir après Valparaiso. Seulement un jour sur place dans cette ville nettement plus touristique que Valparaiso aux vues des plages bordant la ville, nous décidons de sortir visiter la ville le soir. Enfin, nous ferons une excursion jusqu'à la plage et nous resterons dans les rues proches de la plage principale, c'est là que se concentre le plus de monde, le plus d'activités. D'immenses barres d'immeubles dominent la plage infinie de Viña del Mar. Le voici réellement, l'océan Pacifique se dévoile à nous. La plage, même de nuit, est magnifique. Les vagues accompagnent notre marche et nos petites courses au bord de l'eau. Certains finiront les pieds mouillés et d'autres pleins de sable. Notre excitation est intense, ce n'est pas tous les jours qu'on voit le Pacifique... 

Nous marcherons aux milieux des immeubles, pas forcément jolis, au milieu d'une foule d'été, au milieu de touristes qui profitent de la fraicheur du soir. Cette ville semble beaucoup plus animée que Valparaiso et ça se comprend, l'envie de se baigner est assez forte, mais la température de l'eau décourage. Nous marcherons également sur un long quai/ponton/digue (je ne sais jamais comment ça s'appelle mais vous comprendrez), pour prendre quelques photos de la plage et surtout pour être cheveux au vent face au plus grand océan du monde (car oui nos cheveux sont très longs).

Depuis El Muelle Vergara

Nous finirons notre soirée dans un très bon restaurant, comme à notre habitude. Cette ville n'est pas non plus la plus belle qu'on ait vu mais elle semble parfaite pour se baigner l'été. Elle se compose essentiellement de commerces et de restaurants mais il n'y a pas forcément d'activités hors saison. C'est pour cela que le lendemain nous décalons aux dunes de Concón et mon dieu on a hâte. 

***

Nous avions bien raison d'avoir hâte car cette journée restera probablement la meilleure du Chili (oui !), meilleur du voyage (sûrement), meilleur de tous nos voyages confondus (peut-être)...

1er arrêt - Les Dunas de Concón : Notre Uber nous pose au pied de la dune, qu'on croyait unique au départ, trop habitué à notre dune du Pilat (quand même la plus grande d'Europe). C'est alors en haut de celle-ci que nous nous rendons compte que toute la côte au Nord est bordée de dunes. Il y a du sable à perte de vue... c'est absolument incroyable ! Le lieu parait paradisiaque. Je mets les photos parce que j'ai trop hâte, on en reparle plus bas.

Incroyable nan ? Cette dune sera notre terrain du jeu pour 1 grosse heure car nous avions récupérer 2 planches de.... surf ! Mais pas de surf normal, de SandSurf. Nous ferons pendant 1h des descentes digne de grands surfeurs sur du sable ! Les chutes sont nombreuses, la peur est présente, le contrôle de la vitesse est juste impossible. Il est trop difficile de faire des virages et d'aller moins vite, le tout-droit est obligatoire. Sable dans les chaussettes, sous le T-shirt, dans le pantalon, dans les cheveux et dans la bouche, rien n'est plus agréable que de tomber. Mais, nous sommes des hommes des sables, cela ne nous fait pas renoncer. En effet, debout sur la planche de bois, les sensations sont là et ça, on aime ! Plus nous essayons plus nous sommes à l'aise, j'irai pas jusqu'à dire bons. Mais nous nous en sortons et nous dévalons de mieux en mieux la pente. Ce moment, ces descentes face à l'océan resterons gravés. On se moquera bien des autres, on essayera d'impressionner la foule au sommet de la dune.

Vers l'infini et au delà

A peine temps de remis de nos émotions, nous décalons encore plus au Nord de Concón, jusqu'à "Ritoque Expediciones". Nous avons réserver au début de la semaine une balade au bord de la plage en cheval.  Du cheval ! Pas un petit tour de poney dans l'écurie du coin ! Galop, montée de dunes, trot dans les bois : vraiment pas un truc de flippettes. Nous avançons dans l'inconnu, sans ne savoir ce qu'il nous attend. Nous sommes un peu tendu quand à notre niveau d'équitation... Absolument aucun d'entre nous n'a eu l'occasion de monter sur un cheval, alors partir au trot ou au galop ne nous rassure pas.

Nous nous retrouvons alors au coeur d'une famille qui vit, sensiblement en parfaite autonomie, sur les hauteurs de la plage. L'endroit est très dépaysant, la ferme/maison, qui ressemble a un range de Cowboy des États-Unis, est très grande. Nous faisons la rencontre de 28 chiens, 45 poules, 16 chats et bien sûr une belle poignée de chevaux. Le coin est super dépaysant et on se sent vraiment reculé de la ville et de toute la civilisation. Nous voilà au milieu d'une belle bande de personnes qui va faire la balade (la cabalgata) avec nous. Et là, on peut voir dire qu'on s'est demandé ce qu'on faisait là. « Attendez, mais vous avez jamais fait de cheval ? Jamais jamais jamais ? Mais... c'est pas possible » nous dis le gérant des chevaux. On avait presque honte de pas avoir fait quelques années d'équitation. Et oui parce qu'on se retrouve au milieu d'Émilie 8 ans, trilingues, qui fait de cheval mieux que personne et se moque de nous lorsqu'on appelle les rennes des « cordes » ; Julie 29 ans qui a arrêté le cheval l'année dernière mais qui a passé plus de temps à faire du cheval qu'à l'école et Étienne 35 ans déjà tout en tenue de professionnel prêt à faire du 2 roues avec le cheval. 

On se sent pas forcément à l'aise, surtout au moment où nous montons sur la selle. Thomas se retrouve en 2 min à l'autre bout du parc à ne pas savoir diriger sa bête. Muss est plus à l'aise dans les avions que sur cheval. Celui de Pierre est en pleine forme et saute de tous les sens, imaginez sa tête. Bref, nous voilà en selle et nous sortons de l'enclos en apprenant à diriger notre cheval : droite, gauche, coup de talon. On apprend vite. Finement, ils sont très dociles et assez tranquilles (pour le moment). Nous descendons en direction de la plage. Nous avons déjà une sacré vue sur le Pacifique, on sent que ça va être quelque chose, surtout qu'on commence à se sentir bien sûr ces machins. La balade est très agréable.

Descente vers la plage
Passage des dernières dunes avant l'océan

Puis... nous y voilà.... Nous nous retrouvons sur la place face au pacifique au coucher de soleil et là c'est sublime. On n'entend que les immenses vagues qui cassent au bord de la plage. C'est vraiment magnifique et le fait d'être à cheval rend le moment encore plus magique. Je sors vite mon téléphone pour prendre les photos et des films. Mais là, les cheveux commencent à accélérer et à partir au trot. Vite je le range parce qu'on bouge dans tous les sens, on se sent tombés, nous n'avons plus aucune tenue sur le cheval ! C'est pas simple. Mais ! Mais les sensations sont là et l'accélération sur le sable avec le doux air frais caressant notre visage nous fait profiter du moment. La plage est immense, il n'y a personne, juste nous. Nous sommes devant le groupe, derrière, en plein milieu avec des dizaines des chevaux galopant de plus en plus vite. C'est vraiment trop bien. C'est de vraies sensations dans un paysage de rêves. Nous avons quelques films, vous nous demandez les vidéos.

C'est pas l'homme qui prend la mer

La suite de la balade se déroule dans la forêt un peu plus loin de la plage. Nous passons au milieu d'arbres et arbustes où nous baissons la tête, nous discutons et retraçons le galop sur la plage qui nous a vraiment surpris. Puis, nous (enfin les chevaux) grimpons sur les pentes sévères de nouvelles dunes. On se croirait au milieu du Sahara tellement il a des dunes à pertes de vue avec des quads, des 4x4 sautant les dunes et puis nous au milieu. Le soleil est rasant, la lumière est belle. 

Nous arrivons à la moitié du parcours et nous avons une pause où on grignote et on se repose, car oui c'est extrêmement fatiguant. La pause est au bord de l'eau et on distingue le soleil se couchant derrière l'océan. Les couleurs sont, écoutez moi bien, absolument folles. On n'a jamais vu ça. C'est un dégradé du bleu au jaune passant par du violet, de l'orange. Tout ça sur une longue plage parfaitement plane qui reflète les couleurs du ciel. C'est sublime ! Comment se retenir de prendre des photos. Le lieu est vide, la lumière est unique, on se sent au paradis. On vous montre.

Cavaliers de l'extrême
Notre troupeau se reposant
Début du spectacle
Complètement dingue

Nous repartons et nous faisons tout le retour de nuit. Nous avons encore quelques séance de galop de pure folie. On entend le bruit des sabots sur le sable mouillé avec des cris de cow-boy des autres personnes complètement folles. Vraiment, nous passons notre meilleur moment ! Les souvenirs sont incroyables, nous n'en revenons pas. Faire du cheval c'est amusant, certes, mais le faire dans ce cadre-là, c'est juste magique. Quelle bonne idée nous avons eu de venir et de se taper la honte au début.

Nous aurons passé plus de 5h en sortie et nous rentrons au range épuisés. Nous rentrerons tard à l'appartement après être rejoins la ville en bus et avoir mangé au restaurant. Nous en avons pris plein les yeux aujourd'hui, entre le surf et le cheval, on a du mal à s'en remettre. Mais bon il faudra parce qu'on est dimanche et demain c'est retour en Argentine pour être à l'école à 16h... et ça c'est dure.



Passage insupportable de la frontière

Nous pensions vraiment passé moins de temps qu'à l'aller lors du passage de la frontière car l'Argentine apporte désormais moins d'importance pour le Covid que le Chili, mais non. Le bus part à 8h et devait arriver à 15h mais il est arrivé à 20h... quelle galère. Nous avons à peine 5h voire 6h de route. Le monde a fait que nous avons attendu un temps infini à la frontière, que ce soit dans la bus ou dans la queue pour montrer seulement un passeport. C'était infiniment long et nous n'avons même pas envie d'en parler davantage. Il faisait terriblement froid et nous avons choper la mort à attendre dans le froid. Au final, tout se passe bien et c'est le principal, nous retrouvons notre pays d'étude avec une grosse fatigue.

Cette halte chilienne aura varié notre quotidien des cours à Mendoza. Nous aurons désormais une image du Pacifique et de la capitale Santiago de Chile. Ça nous aura fait beaucoup de bien, nous sommes heureux d'avoir organisé ce petit week-end, chargé en émotion.


Antoine (qui n'a jamais été aussi en retard)

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